CHIEN EN PENSION – Comment combattre son anxiété ?

 

Chien en pension : c’est souvent une source d’anxiété (1) pour le chien et encore plus pour son maître.

Mais l’anxiété n’existe pas pour tous les chiens en pension. Certains y voient une « expérience » et se font facilement des « copains ». Lorsque l’anxiété est présente, ce sera la conséquence de multiples facteurs : d’abord l’anxiété de séparation car les chiens le « sentent » (Travail en amont à faire – Voir « Anxiété du chien –  Soigner par l’éducation et dressage« ), expérience de chenil (Chien adopté), la non habitude de vivre 24 h par jour avec d’autres chiens, perte de ses marques et sa routine, de ses promenades, horaires décalés (Heure des repas, bruits et aboiements alentour), etc. Ne pas oublier qu’un chien adulte dort de 12 à 14 heures par jour, dans le calme, les chiots et les chiens âgés 3 à 4 heures de plus !

 

Chien en pension ou chenil : préparation avec des plantes qui calment

En préparation

 

Avant de mettre votre chien en pension : l’habituer à la séparation

Si vous travaillez des journées entières en laissant votre chien à la maison, il saura déjà ce qu’est la séparation d’avec son maître. Cela lui sera plus facile d’accepter d’être mis en pension, car il saura que son maître va revenir. Bien sûr, plus votre absence est habituelle et plus elle est prolongée, plus votre chien « comprendra » lorsqu’il se retrouvera au chenil ou en pension.

A l’inverse, si votre compagnon est constamment avec vous et que c’est la première fois que vous le laissez, ce sera peut être difficile pour lui d’aller en pension ou en chenil – mais pas obligatoirement. En effet, il aura beaucoup de nouvelles choses inhabituelles à vivre qui pourront détourner son attention.

De toute façon, il sera bon dans ce cas, de le préparer à votre absence les jours, voire les semaines précédent son placement. Dans une première étape, éclipsez vous discrètement, sans qu’il s’en aperçoive. Éloignez vous de votre appartement ou maison pendant 15 à 30 mn afin qu’il ne vous voit plus, ne vous sente plus et revenez en vous manifestant assez bruyamment afin qu’il vous entende revenir. Ceci afin qu’il commence à comprendre qu’il était seul et que rien de particulier ne s’est passé.

 

Chien en pension :  préparation active a la séparation

La deuxième étape consiste à partir sans précaution, en laissant votre chien dans votre maison ou appartement. Ceci afin qu’il sache que vous partez sans lui. Allongez progressivement votre temps d’absence. Pour cela prenez les précautions suivantes :

  • Supprimez tout rituel de départ (et de retour, voir ci-dessous). Ignorez votre chien, c’est-à-dire, ne pas le regarder, le toucher ou lui parler. Changer votre heure de départ ou se retour, si vous le pouvez. Ceci pour le « déconnecter » des signes qui signifient pour lui « abandon ». Et surtout, avant votre départ réel, ne pas lui tenir des discours « larmoyants ».  Ce ne ferait qu’alimenter son angoisse et sa peine.
  • Chien en pension - Nourriture

    Cet os n’est pas une friandise !

    Positivez votre départ afin que votre chien l’associe à quelque chose de très positif : donnez-lui un jouet d’occupation ou une friandise ou simplement sa gamelle (En faisant coïncider l’heure de son repas avec votre départ).

  • Réduisez l’espace de votre chien où votre chien peut se déplacer lorsque vous partez. Plus l’espace à sa disposition est grand, plus votre chien aura de « points à surveiller » pour se sentir en sécurité et guetter votre retour (Fenêtres, portes). Et plus il sera agité. Si l’agencement de votre appartement ou maison le permet, installez votre chien dans une pièce à part, avec son panier, de l’eau et ses jouets pour qu’il se sente « chez lui ». Vous pouvez même le mettre dans sa caisse de transport, si votre absence est limitée à moins de 4 heures et après l’avoir habitué (Friandises).
  • Au fil des jours et en règle générale, gérez la « densité » des contacts « personnels » avec votre chien. Il ne doit pas avoir votre attention à chaque fois qu’il la demande. En clair, si votre chien trouve toujours satisfaction lorsqu’il vient vous réclamer une caresse, il sera vraiment très frustré et n’arrivera pas à gérer cette émotion lorsque vous ne serez pas là. Comment procéder ? Ignorez votre chien lorsqu’il vient vous quémander de l’attention. Il passera rapidement à autre chose. Une fois qu’il est habitué à ce « nouveau régime », c’est vous qui devez l’appeler pour lui proposer un contact mais quand vous le désirez.

 

Chien en chenil : modifier ses habitudes quelques jours à l’avance

Votre chien sera probablement confronté à un changement assez radical quant à sa façon de vivre lorsqu’il est en pension ou dans un chenil. Hors, les chiens aiment bien leurs habitudes. Mais beaucoup de chiens sont aussi curieux, certains plus que d’autres. Il en est même qui aiment la nouveauté, qui leur évite de s’ennuyer.

Donc, il est utile de forcer votre chien dans la semaine avant son dépôt en pension ou en chenil. Sortez à des heures inhabituelles, mettez le en présence d’autres chiens qu’il ne connait pas, conduisez le en voiture en de nouveaux endroits, changez ses heures de repas, son menu, etc…

 

Préparer l’arrivée de votre chien dans la pension ou au chenil

Le premier point a vérifier est la qualité de la pension ou du chenil et les conditions d’hébergement. S’y prendre à l’avance, car les bons chenils ou les bonnes pensions sont souvent très sollicités, en particulier à certaines périodes.

Recueillez le maximum d’informations sur les chenils et pensions alentours, leur réputation et l’expérience d’autres propriétaires de chiens.

Par ailleurs, pourquoi ne pas visiter le chenil ou la pension qui a votre préférence avec votre chien et voir son comportement. De plus, peut être envisagez de le laisser 24 heures pour tester et voir comment il revient de cette expérience. Enfin, le jour de votre séparation, surtout ne montrez votre propre anxiété : restez calme et laissez le sans aucune effusion – cela ne ferait qu’augmenter son anxiété ».

 

Chiens en pension ou chenil : les risques de stress

Le nombre de chenils ou pensions canines a considérablement augmenté ces dernières années : centres canins, auberges pour chiens, chenils, et résidences qui proposent d’accueillir votre chien. Le contrôle de l’hygiène reste souvent assez limité et le temps dont les gestionnaires s’occupent de leurs pensionnaires l’est encore plus.

Par ailleurs, chaque chien a sa personnalité : il peut être convivial avec ses congénères ou pas, il peut être naturellement toujours anxieux (Voir notre article « Chien stressé = défense immunitaire en danger – Traitement naturel par les plantes« ). Il peut aussi être curieux d’un changement de vie, mais peut être aussi avoir peur de ne plus revoir son maître…

Cela signifie donc que le comportement de votre chien dépend de beaucoup de paramètres. Cela peut se traduire en stress plus ou moins important :

  • Les chiens sont « possessifs » : c’est leur instinct de survie qui fait que dans les zones communes des chenils ou pensions, avec des chiens aux caractères et éducations variées, des conflits peuvent survenir pour un jouet, une friandise ou de la nourriture. Ce qui oblige chaque chien à être dans une situation d’alerte stressante constante.
  • Le chien a besoin d’une meute pour survivre (Voir article « Anxiété du chien –  Soigner par l’éducation et dressage« ). Avec la domestication du chien, l’homme s’est converti en compagnon inséparable pour le chien, avec la famille servant de « meute ». Tout cela disparaît pendant le temps passé au chenil, ou pour le moins doit se reconstruire sur place avec les chiens présents. Cela conduit à un des problèmes les plus courants, chez les chiens, qui est l’anxiété en général qui s’ajoute à l’anxiété de séparation.(Voir article « Chien seul à la maison : comment supprimer son anxiété« )
  • Chien en pension - Repas coordonné

    L’heure sacrée du repas

    Les chiens ont besoin de leur routine pour se sentir bien. Les heures de repas, de sommeil et de promenades sont des éléments qui ne sont pas souvent respectées en chenils. Le chien doit bien souvent s’adapter aux horaires du chenil, aux bruits et jappements des autres chiens. Un chien adulte dort en moyenne 14 heures sur 24. La solution pour que le chien ne souffre pas de ces changements est qu’une personne s’occupe de lui, de lui seul ou avec peu de congénères (Pension).

  • Absence de promenade, mais cela n’est pas toujours vrai: nombre de chenils ou pensions ont de grands espaces où les chiens peuvent interagir. Mais le chenil peut s’avérer pour le chien une expérience intéressante dans les premières heures, il devient vite ennuyeux et peu stimulant. D’où l’anxiété possible.
  • Si votre chien a des besoins particuliers (Prise de médicaments, allergie, comportement déviant, etc.), la prise en compte de ses particularités n’est pas toujours respectée.

Lorsque les situations oppressantes se prolongent dans le temps, le stress s’aggrave. Il peut conduire à des réactions agressives et parfois dangereuses, par peur de stimulis aussi banaux que des bruits, ou croiser un inconnu ou être en présence d’objets nouveaux pour le chien.
De plus, le système immunitaire peut aussi être affecté, ainsi que la capacité d’apprentissage ou encore le cycle du sommeil. (Voir article « Chien stressé = défense immunitaire en danger – Traitement naturel par les plantes« )

 

Mais le stress du chien en chenil ou pension est-il vraiment ce que les propriétaires croient ?

Une étude scientifique britannique a mesuré le degré de stress engendré par la mise en pension de temps en temps du chien. Leurs conclusions viendraient plutôt en contradiction avec les descriptions qui précèdent, les chiens trouvant ce dépaysement plutôt excitant à être en pension.

Cette étude (2) a été menée par une équipe qui comprenait des universitaires de l’Université de Lincoln, Royaume-Uni, l’Université de Birmingham, l’Université Queen de Belfast et le Royal Veterinary Collège. Ils ont mesuré une série de paramètres de stress (3) sur 29 chiens de particuliers à la fois à la maison et dans trois pensions privées d’Irlande du Nord.

Chien en pension - Chien qui joue

Joyeuse colonie de vacances ?

Le Dr Lisa Collins, de l’école des sciences de la vie, Université de Lincoln, Royaume-Uni, a déclaré:  « … cette étude suggère que les chiens semblent avoir un niveau plus élevé d’excitation dans en pension comparés à leur état à la maison. Cette excitation n’est pas nécessairement due à des chiens qui considère la pension comme stressante négativement. Les raisons émotionnelles pour les réponses physiologiques et comportementales des chiens étaient ambiguës et aucune preuve définitive n’a été trouvée pour suggérer que les chiens ont subi négativement leurs présences en pension… Les résultats de cette étude semblent indiquer que les chiens ne perçoivent pas l’admission en pension comme un facteur de stress agressif et peut-être, au contraire, perçu comme un changement passionnant d’environnement, au moins à court terme « .

L’équipe recommande cependant une enquête plus approfondie pour déterminer la validité des mesures testée comme indicateurs de stress aigu et chronique chez les chiens domestiques.

Notes

(1) Comment reconnaitre des signes d’anxiété chez un chien – https://fr.wikihow.com/reconnaitre-des-signes-d%27anxi%C3%A9t%C3%A9-chez-un-chien

(2) »Physiological, physical and behavioural changes in dogs (Canis familiaris) when kennelled: Testing the validity of stress parameter » Physiology & Behaviour DOI: 10.1016/j.physbeh.2014.05.018 – C.E. Part, J.L. Kiddie, W.A. Hayes, D.S.Mills, R.F. Neville, D.B.Morton, L.M. Collins. Pour plus de details voir :

http://eprints.lincoln.ac.uk/14436/7/__ddat01_staffhome_bjones_RDS_Desktop_Part%20et%20al%20%20Stress%20parameters_APPROVED%20DRAFT_Submitted%20to%20Physiology%20and%20Behavior.pdf 

(3) La sécheresse de la peau, la température du nez, la température corporelle et la quantité d’aliments consommés. Les mesures comportementales incluaient les comportements spontanés tels que la se lécher les babines, la patte levée, les bâillements, les tremblements et l’agitation. Mesures physiologiques incluant les hormones de stress (corticoïdes) et l’épinéphrine (adrénaline).