Toux du chenil, symptômes, risques, traitements

Toux du chenil ou Trachéobronchite infectieuse canine. Dangerosité et risque mortel pour votre chien ? Transmission aux chats et hommes. Autres toux : ne pas se tromper (Vidéo et enregistrement d’un chien malade). Ce qu’est la maladie. Signes cliniques. Incubation et durée. Vaccin. Traitement classique. Traitements naturels (9 conseils et médicaments à faire vous-même). 


 

toux du chenilLa « toux du chenil » (ou trachéo-bronchite infectieuse) est une maladie des voies respiratoires du chiot et du chien extrêmement contagieuse qui se propage par simple contact avec un chien malade et par les postillons lors de la toux.

Ce sont donc les animaux vivant en communauté (refuges, élevages, cliniques vétérinaires) ou présents lors de réunions (expositions, rencontres, parcs, chasse) qui sont les plus susceptibles d’être infectés, mais pas seulement ceux-ci. Une simple rencontre au coin de la rue entre votre chien et son « copain » suffit. 


 

Quelle est la dangerosité de la Trachéobronchite infectieuse canine ?

La toux de chenil est extrêmement contagieuse et de ce fait ne s’attrape pas seulement dans les chenils. Elle concerne donc un grand nombre de chiens chaque année : tout chien qui rencontre d’autres chiens peut être contaminé, même sans contact direct, par simple éternuement du chien malade.

La maladie est normalement peu grave et plus fréquente en automne et hiver (humidité élevée). Les jeunes chiens qui n’ont jamais été en contact avec les agents infectieux sont les plus sensibles à la maladie. Il en est de même des chiens âgés, en état d’immunodépression, parasités ou souffrant d’une autre maladie ou encore sous certains médicaments. Le manque d’hygiène et le stress sont aussi deux facteurs aggravant le risque de développer la toux de chenil.


 

La toux de chenil peut elle devenir une maladie mortelle pour votre chien ?

Si la maladie est peu grave en elle-même chez le chien en bonne santé et adulte, elle peut évoluer vers une bronchopneumonie fatale chez les chiots et une bronchite chronique chez le chien affaibli ou âgé. Il faut donc, quel que soit l’animal, se préoccuper de soigner cette maladie, ne serait-ce que pour limiter la douleur engendrée par la toux incessante.


 

La Trachéobronchite infectieuse canine se transmet à tous les chiens, aux autres espèces animales ou à l’homme ?

Si toutes les races de chiens sont concernées par la trachéobronchite infectieuse, les races à nez court ou étroit sont plus sujettes à la maladie, du fait de la morphologie de leur voie respiratoire plus étroite.

Pour ce qui concerne le chat du foyer, sa contamination est possible par l’intermédiaire de l’un des agents pathogènes de la trachéobronchite infectieuse de votre chien (Bordetella bronchiseptica).

Enfin, la trachéobronchite infectieuse canine n’était pas considérée comme un risque pour l’homme. Toutefois, des études récentes montrent que l’une des composantes de cette maladie (Bordetella bronchisseptica) est à l’origine de pathologies humaines. Cependant, l’homme adulte et en bonne santé ne semble pas être « à risque ». Quant aux enfants ou personnes immunodéprimés, il est prudent de prendre des précautions en évitant tout contact avec un chien atteint de la toux du chenil.


 

Toux de chenil et toux tout court ? Quelle est la différence ?

toux du chenil

Il est facile de comprendre pourquoi la trachéobronchite infectieuse canine est communément appelée la toux du chenil ou toux de chenil puisque la maladie se propage grâce à la promiscuité entre animaux. Ce qui est bien sûr le cas dans un chenil. Mais aujourd’hui, la plupart des chenils exigent la preuve de vaccination avant l’entrée. Ce n’est donc probablement pas dans un chenil que votre chien risque le plus de contracter la maladie… près de 20 % des chiens ont un jour été en contact avec la composante Bordetella bronchiseptica et plus de la moitié d’entre eux l’attrapent en dehors des «chenils».

La toux de chenil n’est par ailleurs pas la seule « toux » possible de votre chien. Il existe en effet d’autres pathologies autrement plus graves qui s’expriment par une toux. Il convient donc de les distinguer de celle de la Trachéobronchite infectieuse, afin d’éviter de faire l’erreur d’un mauvais diagnostic. (Voir ci-dessous).


 

La Trachéobronchite infectieuse canine : de quoi s’agit-il ?

La Trachéobronchite infectieuse est due à un « cocktail » d’agents pathogènes multiples (en nombre variables) qui pénètrent dans les voies respiratoires du chien sain, en colonisant les voies supérieures.

Ces agents pathogènes peuvent être des bactéries et/ou des virus.

Virus :

  • Parainfluenza-3 canin
  • Adenovirus canin de type 2
  • Virus de la maladie de Carré 

Bactéries :

  • Bordetella bronchiseptica : peut se comporter comme une pathologie primaire (chiens âgés ou moins de 6 mois) ou en surinfection suite à une atteinte virale
  • Pseudomonas aeruginosa et quelques autres bactéries.

Il s’agit des agents principaux mais d’autres peuvent être mis en cause. L’association Bordetella bronchiseptica + virus Parainfluenza est à l’origine de symptômes plus sévères et plus longs.


 

Signes cliniques : comment diagnostiquer si votre chien a la trachéobronchite infectieuse ?

La première des choses, comme toujours, est de consulter votre vétérinaire.

Le symptôme principal est une toux sèche pouvant être suivie de tentative de vomissement. La toux peut être facilement provoquée par une palpation légère du larynx ou de la trachée.

Les chiens atteints ne présentent pas d’autres symptômes si ce n’est un manque d’appétit. Mais à ce stade, la température est normale.

Le développement de symptômes plus sévères indique une infection surajoutée, telle que la maladie de Carré ou une bronchopneumonie – ce qui alors peut provoquer une température plus élevée, un écoulement nasal, un abattement et une toux productive, particulièrement chez le chiot.

Le stress peut provoquer une rechute pendant la convalescence, provoqué par des conditions d’environnement difficiles et une nourriture inadéquate.

Notes :

  • La Trachéobronchite doit toujours être suspectée si les symptômes ci-dessus se manifestent brusquement 5 à 10 jours après un contact avec un chien suspect ou atteint de la maladie.
  • La toux de votre chien peut varier entre petite toux sèche et toux violente qui étouffe. Dans ce dernier cas, ce pourrait être quelque chose (os ou autre) qui obstrue partiellement la gorge du chien. Le vérifier en ouvrant sa gueule. Un autre façon de vérifier est de lui donner à manger. Il ne pourra pas manger en cas d’obstruction.
  • Un traumatisme secondaire de la trachée suite à une intubation peut provoquer des symptômes similaires mais généralement moins sévères. 
  • Si votre chien régurgite une bile jaune ou des aliments, cela est probablement dû à un autre problème.  La toux des chenils provoque, en général, une envie de vomir et un réflexe vomitif sans présence de bile ou d’aliments.
  • Surveillez l’énergie de votre chien. Certains chiens qui ont une toux des chenils ne présenteront aucun signe de maladie, hormis une toux désagréable. D’autres peuvent être amorphes, manquer d’énergie et avoir peu d’appétit, comme indiqué ci-dessus. 
  • Afin de diagnostiquer précisément la trachéobronchite infectieuse canine, votre vétérinaire peut rechercher l’agent causal dans les secrétions nasales et trachéales. Il peut aussi procéder à une prise de sang. Toutefois, le plus souvent, les symptômes suffisent à établir avec précision le diagnostic.

 

Quel est le temps d’incubation et la durée de la toux du chenil ?

La toux caractéristique de la trachéobronchite infectieuse canine se manifeste 5 à 10 jours après un contact avec un chien infecté. La sévérité diminue habituellement pendant les 5 premiers jours mais persiste 10 à 20 jours – sauf surinfection, auquel cas la maladie peut se prolonger pendant 3 à 6 semaines.


 

Traitement de la trachéobronchite infectieuse par les « moyens classiques »

toux de chenil

Le traitement est au minimum d’une dizaine de jours. Certains cas anciens nécessitent jusqu’à trois semaines de traitement. Mais sauf complications, l’animal n’a pas à être hospitalisé, d’autant que la maladie est très contagieuse pour les autres chiens.

Le traitement se limite le plus souvent à des sirops antitussifs généralement prescrits par le vétérinaire afin de contrôler la toux et limiter l’irritation de la trachée et des bronches.

Les antibiotiques ne sont utilisés qu’en cas d’infection bactérienne secondaire car, comme pour les humains, ils n’agissent pas sur les virus. Le vétérinaire doit alors normalement faire l’analyse d’échantillons prélevés par aspiration de la trachée et des bronches afin de définir les antibiotiques à utiliser. Pour les chiens atteints sévèrement, ne répondant pas aux antibiotiques par injection, le traitement doit se faire par aérosols précédés d’une injection de bronchodilatateurs ou par injection endotrachéable (tubage de la trachée). Les corticoïdes peuvent être utilisés pour soulager les symptômes, mais toujours en association avec un antibiotique. Ils sont contre-indiqués pour un chien gravement malade et qui tousse.

Il faut bien sûr isoler votre chien, afin d’éviter tout contact dans la rue ou ailleurs avec ses congénères (ou votre chat ou un autre chien dans votre foyer). 

Une autre recommandation est de soigner particulièrement la nutrition de votre chien, son hygiène et son environnement. Du fait de sa gorge douloureuse, votre chien perdra probablement son appétit. S’il n’a pas faim, laissez-le jeûner. Votre chien doit rester dans un endroit calme, le repos facilitera sa guérison.

Note :

  • Si vous devez aller voir votre vétérinaire, expliquez lors de la prise de rendez vous que vous soupçonnez une toux des chenils. Lors de votre visite peut être vous sera-t-il demandé d’attendre hors de la salle d’attente afin d’éviter une contamination des autres patients canins présents.

 

Existe-t-il un vaccin contre la toux du chenil ?

Il existe en effet plusieurs vaccins sur le marché. Il est même possible de vacciner les jeunes chiens et les femelles en gestation. Les vaccins commercialisés sont de diverses compositions, à base de virus vivants atténuées ou modifiés afin d’obtenir simultanément une protection contre la maladie de Carré, les virus Parainfluenza 3 et CAV.

Les recommandations vétérinaires « classiques » sont une vaccination entre 6 et 8 semaines, répétées 2 fois à intervalle de 3-4 semaines jusqu’a l’âge de 14-16 semaines. Un rappel vaccinal est réalisé une fois par an.

Lorsque le risque d’infection par la Bordetella bronchiseptica est important, un vaccin disponible par voie intranasale est préféré à une injection pour les chiens de plus de 3 semaines. Aujourd’hui, ce même vaccin peut aussi protéger contre le virus Parainfluenza-3.


 

Faut-il faire vacciner votre chien ?

tracheobronchite infectieuse

La vaccination et les rappels annuels contre la toux de chenil sont des « opérations » qui ne sont pas anodines. D’autant que le risque que crée la toux de chenil n’est mortel que pour des chiens très jeunes, âgés ou affaiblis. Par ailleurs, il est peu probable qu’un chien rétabli après avoir eu la trachéobronchite infectieuse soit à nouveau atteint.

Beaucoup de propriétaires de chiens hésitent à faire vacciner leur ami canin, sauf s’il rentre dans les catégories à risque ou participe à des groupements.

Ce qui nous amène à la vie en groupe. La vaccination peut être obligatoire (exigée) ou recommandée avant l’admission en chenil, clubs d’agilité, école du chiot, pensions, etc. Les chiens adoptés dans un refuge ont un risque très élevé de développer une trachéobronchite infectieuse à leur arrivée dans le foyer adoptant. S’ils n’ont pas été vaccinés avant, il est parfois sage de faire le nécessaire immédiatement.

Le choix est difficile, je suis d’accord avec vous. Chaque maître devra peser le pour et le contre.

Le docteur Martin Goldstein, vétérinaire holistique et auteur américain, nous donne 3 raisons d’éviter le vaccin:

  1. Le vaccin peut provoquer les symptômes de toux du chenil
  2. Il peut avoir un effet immunosuppresseur (abaisse l’efficacité du système immunitaire)
  3. La toux du chenil peut être facilement traitée en isolant le chiot et en lui donnant des produits naturels.

 

Trachéobronchite infectieuse canine : remèdes naturels

Toux du chenil : remèdes naturels

La stratégie que je vous recommande est la suivante. Chaque partie est détaillée plus bas.

  1. Stimulez le système immunitaire avec l’échinacée et certaines vitamines ciblées.
  2. Adoucissez la gorge et les poumons à l’aide du sirop miel-citron ou mieux, à l’aide du mélange à infusion spécifié plus bas.
  3. Utilisez les teintures d’osha, asclepias ou aunée pour les toux rebelles.

Le point numéro 1 est extrêmement important. Si le chien a une bonne immunité car il a une bonne alimentation, il sera beaucoup plus résistant aux pathogènes qui l’entourent. Ceci est la meilleure mesure de prévention que vous pouvez prendre.

Stimuler les défenses immunitaires

  • Le docteur Pitcairn, vétérinaire holistique américain, recommande les vitamines suivantes:
    • Vitamine C : entre 500 et 1000 mg en fonction de la taille du chien, 3 fois par jour
    • Vitamine E : entre 50 et 100 UI, 3 fois par jour. Percer la capsule et placer dans la bouche du chien.
    • Vitamine A : entre 1/4 et 1 cuillère-à-café d’huile de foie de morue, ou une capsule de 10.000 UI de vitamine A une fois par jour.
  • Le docteur Mark Haverkos, vétérinaire holistique américain recommande la teinture d’échinacée (Echinacea purpurea, E. pallida, E. angustifolia). Donnez de 1 à 3 fois par jour :
    • Petit chien : 1 à 5 gouttes dans 1 cuillère-à-café d’eau
    • Chien moyen : 10 à 15 gouttes dans une cuillère-à-soupe d’eau
    • Gros chien : 30 à 40 gouttes dans 2 cuillères-à-soupe d’eau

Note :

Pour l’échinacée, à la place d’une teinture, vous pouvez utiliser un extrait miellé glycériné, par exemple celui vendu par Dietanat. Cet extrait est plus dilué qu’une teinture traditionnelle, vous pouvez donc utiliser le double des doses ci-dessus.

Sirop miel-citron

Tout d’abord, il faut arriver à adoucir la gorge enflammée par cette toux sèche et incessante. Pour cela, vous pouvez fabriquer un sirop pour la toux 100% naturel. Voici comment procéder :

  • Placez 150 ml d’eau tiède dans un verre
  • Rajoutez 1 cuillère-à-dessert d’un bon miel. Le miel est à la fois adoucissant pour les muqueuses de la gorge et désinfectant.
  • Rajoutez un filet de citron
  • Mélangez d’une manière homogène

Administrez ensuite à la seringue comme expliqué ici. Donnez à votre chien une demi-seringue toutes les heures si nécessaire.

Mélange de plantes en infusion

Le mélange suivant va calmer l’inflammation pulmonaire. Dans un bocal, mélangez les plantes suivantes que vous trouverez en herboristerie :

  • 1 portion feuilles de mauve
  • 1 portion fleurs de bouillon blanc
  • 1 portion feuilles de thym
  • 1 portion feuilles de tussilage

Placez 1 cuillère-à-soupe pour une tasse à thé, versez l’eau bouillante dessus (environ 200 ml), puis couvrez immédiatement et laissez infuser 10 minutes. Filtrez, rajoutez un peu de miel, puis administrez à la seringue comme expliqué ici. Donnez à votre chien une demi-seringue toutes les heures si nécessaire.

Protéger et stimuler les poumons

Les mesures suivantes peuvent être prises pour une toux du chenil rebelle.

  • Le docteur Mark Haverkos, vétérinaire holistique américain recommande la teinture d’osha (Ligusticum porteri), une plante américaine qui est à la fois antivirale et expectorante, et donc bien adaptée à la toux du chenil. La teinture ne se trouve pas en France mais se trouve en Angleterre ici. Donnez une fois par jour :
    • Petit chien : 1 à 5 gouttes dans 1 cuillère-à-café d’eau
    • Chien moyen : 10 à 15 gouttes dans une cuillère-à-soupe d’eau
    • Gros chien : 20 à 30 gouttes dans 2 cuillères-à-soupe d’eau
  • Haverkos recommande aussi la teinture d’Asclepias tuberosa. La plante est excellente pour toute condition de toux chronique. La teinture ne se trouve pas en France mais se trouve en Angleterre ici. Elle peut se combiner à la teinture d’osha. Donnez de 1 à 3 fois par jour :
    • Petit chien : 1 à 5 gouttes dans 1 cuillère-à-café d’eau si nécessaire avec un peu de miel
    • Chien moyen : 10 à 15 gouttes dans une cuillère-à-soupe d’eau + miel
    • Gros chien : 30 à 40 gouttes dans 2 cuillères-à-soupe d’eau + miel
  • Dans mon expérience, une teinture d’aunée (Inula helenium) donnée aux mêmes doses que l’asclepias, est peut-être légèrement moins efficace, mais on peut la trouver plus facilement et rapidement.

Qu’en est-il de l’ail ?

L’ail est l’une des meilleurs plantes anti-bactérienne et anti-virale. Il doit par contre être consommé frais. De plus, son utilisation chez le chien est controversée. Du côté français, nous reconnaissons un risque: l’ail peut endommager les globules rouges du chien et causer une anémie, ce qui n’est pas anodin. Ceci est rare mais cela a été observé.

Du côté américain, les vétérinaires holistiques semblent tous ignorer cette mise en garde et utilisent l’ail d’une manière libérale avec les chiens qu’ils traitent. De plus, ils notent d’excellents résultats pour toute condition pulmonaire.

Dans ce contexte incertain, il faudra peser le pour et le contre. Si vous optez pour car vous êtes à cours de solutions et vous pensez que l’ail est moins problématique qu’un nouveau traitement aux antibiotiques, vous pouvez donner à votre chien une dose journalière d’une demi gousse pour chaque 5 kg de poids par jour avec un maximum de 2 gousses par jour, ceci pendant quelques jours.

Humidificateur

La toux de chenil étant sèche, vous pouvez placer un humidificateur dans la pièce ou se trouve votre chien. Vous pouvez aussi installer le chien dans la salle de bain et faire couler l’eau chaude de temps à autre dans la douche afin de saturer la pièce en humidité.

Harnais

Lorsque vous promenez votre chien en laisse, n’utilisez pas de collier. En effet, la pression exercée sur la trachée va aggraver le problème. Utilisez plutôt un harnais afin de le laisser respirer librement.