Chiot excité, impatient ou mordilleur ? Les exercices d’autocontrôle qui font la différence

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Lorsque l’on accueille un chiot, on rêve sou­vent d’un com­pa­gnon capable de reve­nir lorsqu’on l’appelle, de mar­cher cal­me­ment en laisse ou d’accueillir les visi­teurs sans leur sau­ter dessus.

Pourtant, der­rière tous ces appren­tis­sages se cache une com­pé­tence essen­tielle que l’on oublie par­fois : l’autocontrôle.

L’autocontrôle est la capa­cité du chiot à gérer ses émo­tions, ses impul­sions et ses frus­tra­tions avant d’agir. C’est ce qui lui per­met, pro­gres­si­ve­ment, de réflé­chir plu­tôt que de réagir immédiatement.

Cette com­pé­tence ne s’acquiert pas natu­rel­le­ment. Elle se construit au fil des expé­riences quo­ti­diennes, grâce à de petits exer­cices simples qui peuvent trans­for­mer dura­ble­ment le com­por­te­ment de votre chien.

Pourquoi les autocontroles sont-​ils si importants ?

Un chiot découvre le monde avec enthou­siasme. Tout est inté­res­sant. Tout est exci­tant. Tout semble méri­ter une réac­tion immédiate.

Lorsqu’il voit un autre chien, il veut cou­rir vers lui. Lorsqu’il aper­çoit une balle, il veut la pour­suivre. Lorsqu’il est frus­tré, il peut mor­diller, aboyer ou s’agiter.

C’est par­fai­te­ment nor­mal. Son cer­veau est encore en déve­lop­pe­ment et il ne pos­sède pas encore les outils néces­saires pour gérer toutes les émo­tions qu’il ressent.

En lui appre­nant pro­gres­si­ve­ment à attendre, obser­ver et faire des choix réflé­chis, nous l’aidons à déve­lop­per des com­pé­tences qui lui seront utiles toute sa vie. 

Les bénéfices d’un bon autocontrôle

Un chiot qui apprend à gérer ses émo­tions devient généralement :

  • plus calme au quotidien ;
  • plus atten­tif à son humain ;
  • plus facile à promener ;
  • plus récep­tif aux apprentissages ;
  • plus capable de gérer les frustrations ;
  • plus confiant face aux situa­tions nouvelles.

Ces com­pé­tences jouent éga­le­ment un rôle impor­tant dans la pré­ven­tion de nom­breux pro­blèmes com­por­te­men­taux liés à l’excitation exces­sive, à la frus­tra­tion ou à cer­taines formes d’anxiété.

Une compétence qui s’apprend dans la vie de tous les jours

La bonne nou­velle, c’est qu’il n’est pas néces­saire de consa­crer des heures à tra­vailler les auto­con­troles. Les meilleurs exer­cices sont sou­vent les plus simples. Ils peuvent être réa­li­sés en quelques secondes et inté­grés natu­rel­le­ment dans la rou­tine quotidienne.

Ce sont ces petites répé­ti­tions, jour après jour, qui construisent pro­gres­si­ve­ment un chien capable de gérer ses émotions.

Exercice n°1 : attendre avant la gamelle

Avant de poser la gamelle au sol, pre­nez sim­ple­ment quelques secondes. Si votre chiot saute, tourne ou s’agite, gar­dez la gamelle dans vos mains.

Dès qu’il se calme, même briè­ve­ment, posez-la.

Le mes­sage est simple : « Le calme per­met d’obtenir ce que je souhaite. »

Quelques secondes suf­fisent. L’objectif n’est pas de faire attendre long­temps le chiot, mais de lui per­mettre de décou­vrir que son com­por­te­ment influence posi­ti­ve­ment son environnement.

Exercice n°2 : attendre devant une porte

Les portes sont de for­mi­dables occa­sions d’apprentissage. Avant de sor­tir dans le jar­din ou de par­tir en pro­me­nade, atten­dez quelques ins­tants. Si votre chiot tente de se pré­ci­pi­ter, la porte reste fermée.

Lorsqu’il se calme, s’assied, la porte s’ouvre.

Très vite, il com­prend que l’excitation n’accélère rien, tan­dis que le calme ouvre les portes. Le calme lui offer des recom­penses sous diverses formes : liberté, jeu, caresse, frian­dise, selon…

Exercice n°3 : la friandise dans la main

Placez une frian­dise dans votre main fer­mée. Votre chiot va pro­ba­ble­ment essayer de l’obtenir en léchant ou en grat­tant. Attendez simplement.

Au moment où il détourne la tête ou cesse d’insister, ouvrez votre main et laissez-​le prendre sa recom­pense, sur ordre.

Cet exer­cice déve­loppe la patience, la ges­tion de la frus­tra­tion et la capa­cité à réflé­chir avant d’agir.

Exercice n°4 : récompenser les moments de calme

C’est pro­ba­ble­ment l’exercice le plus simple et pour­tant l’un des plus puissants.

Observez votre chiot au cours de la journée.

Lorsqu’il se couche cal­me­ment, qu’il observe tran­quille­ment son envi­ron­ne­ment ou qu’il choi­sit de se détendre, allez dis­crè­te­ment dépo­ser une frian­dise entre ses pattes.

Peu à peu, il apprend que le calme est lui aussi une acti­vité intéressante.

Exercice n°5 : attendre avant de lancer le jouet

Votre chiot adore jouer ? Profitez-​en. Avant de lan­cer sa balle ou son jouet pré­féré, atten­dez quelques secondes de calme. Dès qu’il se pose ou vous regarde, le jeu commence.

Vous trans­for­mez ainsi une acti­vité très moti­vante en oppor­tu­nité d’apprentissage.

Pourquoi ces exercices sont-​ils si efficaces ?

Parce qu’ils sont simples.
Ils ne demandent ni maté­riel par­ti­cu­lier, ni longues séances d’entraînement.
Ils s’intègrent natu­rel­le­ment dans la vie quo­ti­dienne.
Quelques secondes avant la gamelle.
Quelques secondes avant d’ouvrir une porte.
Quelques secondes avant un jeu.
Mis bout à bout, ces petits moments repré­sentent des dizaines d’occasions d’apprentissage chaque semaine.
Et c’est pré­ci­sé­ment cette répé­ti­tion qui per­met au cer­veau du chiot de déve­lop­per pro­gres­si­ve­ment de nou­veaux automatismes.

Former un chien capable de faire de bons choix

L’objectif n’est pas d’obtenir un chiot qui obéit méca­ni­que­ment.
L’objectif est de l’aider à déve­lop­per une véri­table intel­li­gence émo­tion­nelle.
Un chien capable de gérer ses émo­tions n’est pas seule­ment plus agréable à vivre.
Il est aussi plus serein, plus auto­nome et plus confiant face aux défis du quo­ti­dien.
En consa­crant quelques minutes par jour à ces exer­cices simples, vous inves­tis­sez dans quelque chose de pré­cieux : la capa­cité de votre chien à faire de bons choix tout au long de sa vie.
Et c’est sans doute l’un des plus beaux cadeaux que vous puis­siez lui offrir.

Fabienne & Vanda

8 Commentaires sur “Chiot excité, impatient ou mordilleur ? Les exercices d’autocontrôle qui font la différence

  1. François Depelsenaire - Nourrir la santé dit:

    Merci pour ce rap­pel que sim­ple­ment quelques minutes par jour, pra­ti­quées de manière régu­lière, peuvent faire des “miracles” au propre – elles sont bien meilleures que 2h d’exer­cices intenses d’af­fi­lée le samedi matin.
    La régu­la­rité pré­cède les per­for­mances et l’ac­qui­si­tion des com­pé­tences en est ainsi faci­li­tée pour le plus grand plai­sir du chiot et de son (ou ses) humain (s) ! Une sorte de ges­tion de la frus­tra­tion au quotidien.
    Merci pour ce rap­pel élémentaire !

    • Fabienne Bruttin dit:

      Merci François pour ton retour. Ce sont ces quelques minutes du quo­ti­dien, répé­tées avec bien­veillance et régu­la­rité, qui construisent pro­gres­si­ve­ment un chiot capable de réflé­chir avant d’a­gir et de mieux gérer ses émo­tions. Et par la même occa­sion d’é­vi­ter bien des pro­blèmes dans le futur. 

      On oublie par­fois que l’ap­pren­tis­sage ne se limite pas aux séances d’é­du­ca­tion : il se vit à chaque ins­tant de la journée. 

      Merci d’a­voir pris le temps de par­ta­ger cette réflexion🐾

  2. Sylvie dit:

    Merci pour toutes ces astuces faciles à appli­quer ! On com­prend que chaque ins­tant, chaque détail peut deve­nir, l’air de rien, un pro­fond ins­tant d’ap­pren­tis­sage et de complicité !

    • Fabienne Bruttin dit:

      Merci Sylvie !

      L’apprentissage se vit à chaque ins­tant de la jour­née. C’est ainsi que l’on déve­loppe dura­ble­ment les com­pé­tences… mais sur­tout ainsi que l’on ren­force la rela­tion de confiance entre le chiot et son gardien🐾

  3. Laura dit:

    Cet article rap­pelle très bien que der­rière bien des com­por­te­ments du chiot que l’on juge pénibles se cache en réa­lité un appren­tis­sage encore en construc­tion. Tu montres concrè­te­ment que l’autocontrôle ne se tra­vaille pas seule­ment dans de grandes séances, mais aussi dans tous ces petits moments du quo­ti­dien qui font vrai­ment la dif­fé­rence. Merci Fabienne pour cet article très utile.

    • Fabienne Bruttin dit:

      Merci beau­coup Laura pour ton retour💙
      Tu résumes par­fai­te­ment l’i­dée que je sou­hai­tais trans­mettre : l’au­to­con­trôle ne s’ap­prend pas uni­que­ment à tra­vers des exer­cices spé­ci­fiques, mais sur­tout au fil de petites situa­tions que nous par­ta­geons chaque jour avec notre chiot.

      C’est jus­te­ment cette accu­mu­la­tion de petits appren­tis­sages, réa­li­sés dans le calme, qui construit peu à peu un chien capable de réflé­chir avant d’a­gir et de mieux gérer ses émo­tions. Papouilles à Primprenelle !

  4. Sophie dit:

    En fait, l’au­to­con­trôle ne se construit pas uni­que­ment pen­dant les séances d’é­du­ca­tion, mais dans de toutes petites situa­tions du quo­ti­dien. Finalement, quelques secondes d’at­tente avant une gamelle ou une porte peuvent avoir plus d’im­pact que de longues séances d’en­traî­ne­ment. Ça remet bien les choses en perspective.

    • Fabienne Bruttin dit:

      Merci Sophie de ton inté­rêt et pour ton mes­sage. Et comme je le men­tionne dans les der­nières lignes : en consa­crant quelques minutes par jour à ces exer­cices simples, c’est inves­tir dans quelque chose de pré­cieux : la capa­cité de son chien à faire de bons choix tout au long de sa vie.

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