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Les 5 sens du chien expliqués pour comprendre ce qu’est sa vie

Sens du chien : ce n’est pas que l’o­do­rat ou la vue. Le chien uti­lise ses 5 sens avec sub­ti­lité et effi­ca­cité. Au final c’est un monde dif­fé­rent du notre qu’il per­çoit. Nous vous expli­quons com­ment il le res­sent. Mais il est aussi à l’aise que nous dans ce monde là. Avec un bonus : son sixième sens, mythe ou réa­lité ?

L’odorat : le sens du chien le plus sophistiqué et le plus utilisé

L’odorat est le sens le plus “fin” du chien et le plus impor­tant. Il est aussi com­plexe qu’ef­fi­cace.

L’odorat consiste à cap­ter des molé­cules dans l’air, sou­vent en faible concen­tra­tion et dans une petite quan­tité d’air. Mais l’o­do­rat du chien est tou­jours en alerte : en reni­flant, il aug­mente le volume d’air qu’il “teste” dans sa cavité nasale. En consé­quence cela aug­mente la concen­tra­tion des molé­cules qu’il “éva­lue” ce qui accroît les contacts entre les élé­ments chi­miques et ses récep­teurs sen­so­riels.

Les reni­fle­ments sont pour le chien une “condi­tion” de vie, comme la res­pi­ra­tion. Ils sont très impor­tants et pré­ci­sé­ment réglés au rythme de la res­pi­ra­tion qui varie en fonc­tion des acti­vi­tés olfac­tives du chien, tout autant que ses acti­vi­tés phy­siques.

Le système olfactif du chien, un sens complexe et spécialisé

L’odorat du chien est assuré par 4 “sys­tèmes sen­si­tifs” dis­tincts :

  • Dans la cavité nasale, les molé­cules chi­miques ren­contrent des cel­lules sen­sibles aux faibles concen­tra­tions molé­cu­laires
  • Le mucus qui recouvre la truffe per­met une “accu­mu­la­tion” de ces molé­cules
  • Une ouver­ture dans la cavité nasale appe­lée organe vomé­ro­na­sal chez les mam­mi­fères, spé­cia­li­sée dans la détec­tion des signaux en pro­ve­nance de l’es­pèce, en par­ti­cu­lier les phé­ro­mones. Les phé­ro­mones sont des molé­cules qui indiquent l’é­tat sexuel
  • Le nerf tri­gé­mi­nal qui se situe sur la face et la joue du chien, qui a un rôle olfac­tif cer­tain mais encore assez mal connu.

Récepteurs sensoriels olfactifs : nombre et odeurs qui nous échappent

La sur­face des tis­sus olfac­tifs du chien se situe entre 150 et 170 cm² pour les ber­gers alle­mands. Mais il en est de même pour les autres races. En com­pa­rai­son, les humains se contentent de seule­ment 5 cm². Le chien a donc 20 à 50 fois plus de neu­rones olfac­tifs que l’homme.

Par ailleurs, il semble que pour cer­tains types de molé­cules don­nées, le chien a rela­ti­ve­ment plus de cap­teurs, ce qui le rend plus sen­sible encore à ces élé­ments chi­miques par­ti­cu­liers. Le chien a en plus un nombre impor­tant de types de récep­teurs spé­cia­li­sés pour cer­taines molé­cules et que nous n’a­vons pas. Ce qui signi­fie que le chien sent plus ou moins bien cer­taines odeurs que nous ne pou­vons sen­tir. A l’in­verse, il se peut que cer­taines odeurs que nous per­ce­vons sont tota­le­ment étran­gères aux chiens.

La capa­cité olfac­tive du chien est vrai­ment remar­quable : des expé­riences ont mon­tré que le chien détecte cer­taines molé­cules à des concen­tra­tions 10 000 à 100 000 fois infé­rieures à celles per­cep­tibles au nez humain. Cette faculté appli­quée aux recherches d’ex­plo­sifs ou de drogues montre que le taux d’é­chec des chiens est de 5% alors que les “robots olfac­tifs” les plus sophis­ti­qués sont dans la tranche d’er­reur de 10%.

Comment le chien reconnait les odeurs en 2 opérations distinctes

La recon­nais­sance olfac­tive est un pro­ces­sus com­plexe. Les scien­ti­fiques la scindent en 2 opé­ra­tions dis­tinctes :

  • La caté­go­ri­sa­tion, qui est de relier une odeur par­ti­cu­lière sen­tie à un ins­tant donné à une classe d’o­deurs plus géné­rale connue du chien Par exemple une odeur de drogue pour un chien des douanes
  • L’appariement (mat­ching en anglais) qui per­met de recon­naître que 2 odeurs sen­ties à des moments dif­fé­rents, sont en fait iden­tiques. Par exemple, le chien de la police qui suit une trace olfac­tive, à chaque “reni­fle­ment”, il recon­nait l’o­deur que sont maître lui a fait sen­tir avant de com­men­cer la “traque”.

Capacité encore plus fine de l’odorat du chien : la saga norvégienne

Des cher­cheurs nor­vé­giens et sué­dois ont “fabri­qué” une “traque” de 2 sup­po­sés fuyards en retour­nant les semelles de leurs chaus­sures et en lais­sant leurs empreintes dans le sol. Ceci afin de faire croire aux chiens que leur direc­tion de dépla­ce­ment était oppo­sée à leur dépla­ce­ment réel. La saga dit que les chiens sont reve­nus à leur point de départ en sui­vant la direc­tion vers laquelle poin­tait des chaus­sures.

Mais les chiens “réels” ne sont pas tombé dans cette ruse. Ils ont suivi la vraie direc­tion de dépla­ce­ment des “fuyards”. Ce qui per­met de conclure :

  • Les chiens se sont concen­tré sur les traces olfac­tives et non sur les traces visibles. Pour un chien, l’o­deur est plus “par­lant” que la vue
  • L’intensité des “effluves” suc­ces­sives qu’ils res­sentent aug­mente à cha­cun de leur pas qui les rap­proche de “la proie” qu’ils recherchent. C’est dire la finesse de la capa­cité olfac­tive de leur odo­rat. C’est consta­ter aussi la capa­cité des aires céré­brales et des neu­rones du chien dédiés à l’o­do­rat, qui font les “com­pa­rai­sons” néces­saires “d’in­ten­sité d’o­deur”.

Le sens de l’odorat dans la vie sociale du chien avec ses congénères

La capa­cité de l’o­do­rat du chien est tel qu’il ne peut qu’oc­cu­per une place de pre­mier plan dans sa vie sociale avec les autres chiens.

  • De nom­breux organes et sécré­tions du chien pro­duisent des odeurs spé­ci­fiques. Il s’a­git de la gueule, du vagin, ses sacs de l’a­nus, de l’u­rine qui donnent des indi­ca­tions sur le sexe et l’é­tat repro­duc­tif entre autre
  • Les odeurs per­mettent aussi au chien de recon­naître ses congé­nères qu’il ren­contre régu­liè­re­ment. Les chiens et leurs mères semblent se recon­naître 2 ans après leur sépa­ra­tion. A l’in­verse, la “mémoire” de leurs frères et sœurs sépa­rés jeunes est éphé­mère voire inexis­tante.

Odorat et vie sociale du chien avec les humains et dans “sa famille”

Le domaine de l’o­do­rat dans ses rela­tions avec les humains a été assez peu exploré. Cependant, l’o­do­rat est tel­le­ment impor­tant pour le chien, qu’il est dif­fi­cile d’i­ma­gi­ner que le chien ne l’u­ti­lise pas dans ses rap­ports avec les hommes.

Par exemple, la vie sociale du chien dans la famille où il vit est extrê­me­ment riche. Le chien recon­nait qui est le maître de la famille (si ce n’est pas le chien lui-​même), les enfants s’il y en a, la hié­rar­chie entre parents et enfants. Il a conscience des mala­dies des membres de la famille, semble-​t-​il. L’odorat du chien doit très cer­tai­ne­ment être uti­lisé pour recon­naître cha­cun des membres de “sa” famille.

Egalement vrai sont les rap­ports entre le chien et les humains hors du cercle fami­lial. Par exemple, le chien recon­naît le fac­teur (pour lui jap­per après peut être), les per­sonnes fami­lières ou étran­gères à la famille. L’odeur doit cer­tai­ne­ment jouer un rôle déci­sif et “pra­tique” pour le chien car extrê­me­ment déve­loppé

L’odorat étant le sens le plus fin du chien, il doit inter­ve­nir pour une large part dans ses “éva­lua­tions” avec les humains, ses craintes et son agres­si­vité, même si nous n’en avons pas vrai­ment conscience.

La vue du chien différente de la notre – Un sens tout aussi important

La vue est notre sens le plus impor­tant. Pas pour le chien, qui est l’o­do­rat. Cependant, la vue reste pour le chien un sens pri­mor­dial. Pour com­prendre ce que voit le chien, nous allons com­pa­rer sa “vision” à celle de l’homme.

Champ visuel sans œillère mais en relief que dans la partie centrale

Le champ visuel de l’homme est d’en­vi­ron 180° pour 250° pour les chiens. Les yeux du chien occupent en effet des posi­tions légè­re­ment laté­rales de chaque côté de la tête et ne sont pas sur un plan à l’a­vant du visage comme pour les humains. Cet avan­tage du champ plus large du chien crée un han­di­cap au niveau du relief (3 D) de ce qu’il regarde. Le champ de vision de chaque œil se “recoupe” que sur 30 à 60°, sui­vant les chiens, alors que le recou­pe­ment pour les humains est de 140°. Le chien voit donc “en relief” qu’une par­tie seule­ment de sa “vision” ins­tan­ta­née, celle dans les espaces ou la vision de chaque œil se super­pose.

L’acuité visuelle un peu faible sauf sur une bande centrale étroite

L’acuité visuelle du chien est 3 à 4 fois moins bonne que celle de l’homme. Il doit s’ap­pro­cher à 6 m d’un objet pour le recon­naître alors que qu’il est pour nous encore iden­ti­fiable à 22 m. Ne pas vous éton­ner si votre chien n’a aucune réac­tion face à de petits objets éloi­gnés.
Mais le chien a une concen­tra­tion de cel­lules à cônes assez impor­tante en par­tie cen­trale de l’œil, essen­tielle pour l’a­cuité visuelle. Cela veut dire que le chien a une très bonne vision sur une étroite bande hori­zon­tale. Comme les loups. Cet avan­tage peut s’ex­pli­quer par la néces­sité pour les ancêtres du chien, de suivre ses proies avec une bonne pré­ci­sion et à dis­tance.

Pouvoir d’accommodation de l’œil du chien : il ne voit rien de près

Le pou­voir d’ac­com­mo­da­tion du chien est très infé­rieur au notre. Il ne peut pas voir une image nette à moins de 30 à 50 cm, alors que nous pou­vons voir clai­re­ment entre 7 et 10 cm. Vous pour­rez remar­quer que les chiens reniflent auto­ma­ti­que­ment les objets proches pour com­pen­ser le manque de visi­bi­lité.
Le chien est en plus gêné par son museau qui masque la par­tie basse du champ visuel, pour la plu­part des races de chiens. Donc, il est inutile de mettre un objet dépourvu d’o­deur sous le nez de votre chien. Il n’aura pas la faculté de le repé­rer.

Voir la nuit comme un prédateur : un avantage qui manque aux humains

La vision noc­turne des chiens est per­for­mante, comme celle des loups et bien meilleure que la notre. Cette capa­cité à voir la nuit est amé­lio­rée par une couche de cel­lules situées der­rière la rétine appe­lée tape­tum luci­dum. Elles détectent plus faci­le­ment les pho­tons donc la vision des objets.
Cette couche se retrouve chez les loups, les chats et les che­vaux. Il s’a­git pro­ba­ble­ment d’un héri­tage des ancêtres pré­da­teurs du chien pour suivre plus faci­le­ment leurs proies noc­turnes.

La sensibilité au mouvement : encore un attribut du prédateur

Le chien a des dif­fi­cul­tés a dis­cri­mi­ner des objets immo­biles à plus de 500 m. Au contraire, lorsque “l’ob­jet” (la proie) se déplace le chien peut la repé­rer à 800 ou 900 m. Nous sommes bien là encore dans une apti­tude de pré­da­teur.

Résolution temporelle du chien : comment voit-​il la télévision ?

La réso­lu­tion tem­po­relle est l’im­pres­sion lumi­neuse qui per­siste sur la rétine. Pendant ce temps, notre œil est ébloui et reste aveugle à d’autres images.
Pour le chien, la per­sis­tance réti­nienne est plus courte que pour les hommes. Par exemple, nous “ver­rons” un seul flash pour 2 flash iden­tiques rap­pro­chés. Le chien, lui, verra les 2 flash dis­tinc­te­ment et sépa­rés. A la vision d’un film ou en regar­dant la télé­vi­sion où des images se suc­cèdent à grande vitesse, nous obser­vons un mou­ve­ment continu alors que le chien verra très pro­ba­ble­ment une suite d’i­mages rap­pro­chées, comme à l’é­poque ancienne des pre­miers films de cinéma.

Le monde en couleur : des couleurs fades, des proies plus visibles

Pendant long­temps, les scien­ti­fiques ont cru que le chien voyait le monde en noir et blanc – et gris. Ce n’est pas le cas. Cependant, les chiens ne voient pas le monde avec les mêmes cou­leurs que les nôtres.

La per­cep­tion des cou­leurs nous vient des cel­lules à cônes dans la rétine. Elles sont au nombre de 5% chez l’homme, de 3% seule­ment chez le chien. De plus, le chien a une vision basée sur 2 cou­leurs pri­maires (dite dichro­ma­tique) alors que la vision humaine com­prend 3 cou­leurs de base, rouge, vert et bleu (tri­chro­ma­tique).

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Image publiée avec l’au­to­ri­sa­tion de Swanie Simon – Site Drei Hunde Nacht

La consé­quence pour le chien est qu’il verra des images moins riches en cou­leurs dis­tinctes que ce que nous voyons, moins “nuan­cées”. Plus pré­ci­sé­ment, les lon­gueurs d’ondes du vio­let et du bleu-​violet sont pro­ba­ble­ment indis­tinc­te­ment bleuâtres. Les cou­leurs jaune-​vert, jaune-​rouge ou oran­gées sont dans doute jau­nâtres. Les cou­leurs au deçà de ces fré­quences doivent être blanches ou gris-​clair.

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Image publiée avec l’au­to­ri­sa­tion de Swanie Simon – Site Drei Hunde Nacht

Des études montrent que les chiens ont du mal à dis­tin­guer le bleu-​verdâtre du gris ou le jaune-​vert, jaune, orange et rouge.

Cela ne semble cepen­dant pas poser de pro­blème aux chiens des non-​voyants, lors­qu’ils guident leur maître à tra­ver­ser les feux de signa­li­sa­tion. Ils se réfèrent pro­ba­ble­ment à l’in­ten­sité plus forte du feu vert, jaune ou rouge lorsque éclai­rés, qu’à leur cou­leur. Cependant, ne vous éton­nez pas des dif­fi­cul­tés de votre chien à rap­por­ter une carotte en plas­tique (sans odeur) lan­cée sur une pelouse vert un peu sèche.

A l’in­verse, la vision dichro­ma­tique qui nous semble peu cha­toyante, n’est pas un han­di­cap pour la “fonc­tion” ori­gi­nelle du chien. Elle lui per­met­tra de dis­tin­guer plus faci­le­ment les camou­flages astu­cieux de ses proies (mimé­tisme). Elles appa­raî­tront dans la vision du chien, plus contras­tées avec l’en­vi­ron­ne­ment.

L’ouïe du chien, le sens principal de la communication

L’ouïe joue un rôle impor­tant dans la com­mu­ni­ca­tion chez les mam­mi­fères. Sa fonc­tion ori­gi­nelle semble avoir été sim­ple­ment la loca­li­sa­tion des sons, c’est à dire sur­tout celle des proies ou des pré­da­teurs.

Problème acoustique à résoudre : l’écho – la solution est dans la tête

C’est en effet un pro­blème acous­tique néces­saire de résoudre afin d’é­vi­ter la confu­sion des sons. Plus rien ne serait audible.

Le sys­tème audi­tif du chien, comme celui des hommes, apporte la solu­tion. Un méca­nisme céré­bral iden­ti­fie et efface les répé­ti­tions sonores reçues quelques mil­li­se­condes après la pre­mière mani­fes­ta­tion du son. Bien trouvé, n’est-​ce-​pas ?

Mais à noter aussi que cette capa­cité à “fil­trer” les échos n’apparaît que quelques mois après la nais­sance du chiot. Mais cela est aussi vrai pour les bébés humains.

La localisation de la provenance des sons, même les plus légers

C’est aussi un héri­tage de la période où le chien vivait grâce à des proies. Le chien peut repé­rer ses proies dont l’o­deur est mas­quée. Le moindre bruit qui tra­hit une pré­sence est un indice pour le chien. D’ailleurs, les humains ont les mêmes capa­ci­tés.

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A l’é­coute

Mais où les chiens sont meilleurs c’est dans leur capa­cité à per­ce­voir des fré­quences de sons plus éten­dues que nous, en par­ti­cu­lier les fré­quences plus éle­vées. Et ce n’est pas un acci­dent géné­tique “par hasard”. Ces fré­quences cor­res­pondent aux sons “aiguës”, géné­rées par les petits mam­mi­fères peu volu­mi­neux, telles que les ron­geurs .

Le Professeur Budiansky, spé­cia­liste canin, illustre ce phé­no­mène. Le cri le plus aigu qu’un humain peut entendre, cor­res­pond à la 28ème touche ajou­tée sur la droite d’un piano, c’est à dire dans les aigus. Pour le chien, il fau­drait ajou­ter 48 touches dans les aigus, sur la droite du cla­vier.

Son et compréhension verbale homme-​chien. Adaptation chien et société

Ce sont des études de scien­ti­fiques des années 1930 qui ont mis en évi­dence la capa­cité des chiens à dis­cer­ner les sons pro­duits par les humains. Cela ne signi­fie pas cepen­dant que les chiens com­prennent nos mots à la façon de nos congé­nères humains. Ils se basent uni­que­ment sur le com­men­ce­ment du mot ou plu­tôt l com­men­ce­ment du son qui pro­duit le mot. Il ne s’a­git donc pas d’un lan­gage d’é­change entre humains et chiens.

Ceci a été démon­tré en “cachant” l’ex­pé­ri­men­ta­teur au chien “testé”. Ou encore en uti­li­sant un ordre ver­bal enre­gis­tré : beau­coup de chien ne recon­naissent pas ces ordres.

En réa­lité, dans ses rap­ports “sonores” avec les per­sonnes, il semble que le chien sur­veille aussi l’attitude, le contexte, la dis­tance qui le sépare et les gestes incons­cients de l’ex­pé­ri­men­ta­teur. Le chien mobi­lise sou­vent plu­sieurs sens pour déco­der les signaux sonores qu’il reçoit alors que nous croyons que seule l’ouïe est concer­née. Le chien est un fin obser­va­teur curieux de tout.

L’application évi­dente de ce constat est la manière d’é­du­quer votre chien. Les ordres ver­baux ne suf­fisent pas, au moins dans la phase d’ap­pren­tis­sage. Vous devez les “dou­bler” par des gestes, des atti­tudes non équi­voques pour le chien et tou­jours les mêmes pour un “ordre” donné . Ce sera beau­coup plus facile à inter­pré­ter pour votre chien et il “appren­dra” plus rapi­de­ment ce que vous lui demandé. Voir nos articles sur le com­por­te­ment et l’é­du­ca­tion du chien.

Le sens du goût chez le chien : un gourmet à prendre en compte

La per­cep­tion du goût se fait par les “bour­geons gus­ta­tifs”, situés au bout de la langue. Le chien pos­sède 1600 bour­geons gus­ta­tifs en moyenne, contre 9000 chez l’homme. Les papilles gus­ta­tives du chien sont donc bien moins nom­breuses que chez l’homme et sa sen­si­bi­lité au goût des ali­ments est donc net­te­ment infé­rieure.

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Mettre les pieds dans le plat

De ce constat est né la fausse infor­ma­tion pro­pa­gée par les fabri­cants d’a­li­ments indus­triels, que le chien peut man­ger toute sa vie le même ali­ment et sans se las­ser. Pourquoi alors les cro­quettes ont des adju­vants olfac­tifs et chi­miques forts et dif­fé­rents sui­vant les marques pour com­pen­ser leur fadeur d’o­ri­gine ? Et pour­quoi aussi faut-​il chan­ger de temps en temps la marque de cro­quettes uti­li­sée pour son chien qui délaisse sa “marque” pré­fé­rée ? Non, ce n’est pas vrai que le chien n’est pas sen­sible aux goûts des ali­ments.
Voir nos articles sur le régime Barf et en par­ti­cu­lier NOURRITURE BARF ou CROQUETTE ? Comment bien nour­rir son chien.

Une sensibilité aux saveurs différente de celles des hommes

Le chien comme l’Homme, peut dif­fé­ren­cier les 4 saveurs fon­da­men­tales que sont le sucré, le salé, l’amer et l’acide mais à des degrés dif­fé­rents chez le chien. Mais sa “capa­cité” est moins pré­cise que la notre dans le domaine des saveurs.

Goût sucré très apprécié par le chien : ne doit pas être une friandise

Le sucré semble être par­ti­cu­liè­re­ment appré­cié des chiens. C’est cepen­dant mau­vais pour leur santé. Cette capa­cité de détec­tion vien­drait des ancêtres sau­vages qui auraient déve­loppé les récep­teurs au sucre pour pou­voir appré­cier les ali­ments les plus éner­gé­tiques comme les fruits qu’of­frait la nature.

Note
1/ Les bour­geons gus­ta­tifs du chien qui répondent aux sub­stances sucrées réagissent aussi à une sub­stance chi­mique qu’on appelle le fura­néol. Cette molé­cule est pré­sente dans les fruits dont les tomates.
2/ Donner une “frian­dise” à son chien pour lui faire plai­sir n’est pas lui don­ner un sucre, mais un mor­ceau de fro­mage ou de viande séchée. Il appré­ciera tout autant, sans consé­quence pour sa santé.

Le goût salé assez neutre au sens du goût du chien

En revanche, les chiens sont beau­coup moins sen­sibles au goût salé que les êtres humains. Ce goût moindre pour le sel s’expliquerait par le fait que la viande, qui occu­pait la plus grande par­tie de la ration ali­men­taire des ancêtres sau­vages du chien, était déjà suf­fi­sam­ment riche en sel. Nul besoin alors de déve­lop­per des récep­teurs gus­ta­tifs sen­sibles au sel pour sélec­tion­ner des ali­ments qui en seraient pour­vus ! Cela explique aussi pour­quoi les cro­quettes sont en géné­ral riches en sel, pour com­pen­ser la sen­si­bi­lité limi­tée du chien à son sujet. Attention aux reins !

L’amer et le rejet des remèdes par le chien

Les chiens sont très sen­sibles à la saveur amère, afin d’é­vi­ter les ali­ments qui pré­sentent ce goût. En effet, de nom­breuses sub­stances toxiques, comme les alca­loïdes ou la strych­nine, sont très amères et la per­cep­tion de cette saveur dans les ali­ments per­met­tait aux ancêtres de nos chiens domes­tiques « d’évaluer » le carac­tère comes­tible ou non de ces den­rées. Aujourd’hui, cela peut être un pro­blème pour faire ava­ler des com­plé­ments ou des remèdes dont cer­tains peuvent être vrai­ment amers.

Note
1/ La per­cep­tion du goût varie en fonc­tion du sexe (les chiennes sont en moyenne plus récep­tives aux goûts sucrés) et de l’âge (sen­si­bi­lité gus­ta­tive qui décline avec l’âge).
2/ Les chiens sont des car­ni­vores et pour cette rai­son, ils pos­sèdent en plus des récep­teurs pour les ali­ments sucrés, salés, acides et amers, d’autres récep­teurs de goût spé­ci­fiques aux viandes et aux graisses qui expliquent leur appé­tence natu­relle pour ces ali­ments.

Un goût compensé par un odorat fin et développé

Chez le chien comme chez l’Homme, il n’y a pas que les bour­geons du goût qui inter­viennent dans la gus­ta­tion. Son odo­rat y est étroi­te­ment asso­cié.

En réa­lité, le sens du goût est sou­vent asso­cié à l’o­do­rat, au moins pour les gour­mets de notre cui­sine. Il doit en être de même pour le chien dont l’odo­rat est beau­coup plus déve­loppé (voir ci-​dessus dans cet article). 
Les molé­cules aro­ma­tiques vola­tiles conte­nues dans les ali­ments passent en arrière du palais du chien (voie rétro­na­sale) pour atteindre l’é­pi­thé­lium olfac­tif dans les fosses nasales au cours de la mas­ti­ca­tion et de la déglu­ti­tion. Le fait de humer les ali­ments avant de les man­ger influence éga­le­ment le com­por­te­ment ali­men­taire du chien.

Par ailleurs, la gueule du chien contient de nom­breux autres récep­teurs capables de res­sen­tir la tex­ture et la tem­pé­ra­ture des ali­ments. L’ensemble de ces sen­sa­tions gus­ta­tives, olfac­tives et tex­tu­rales consti­tuent la fla­veur d’un ali­ment qui joue éga­le­ment son rôle dans les pré­fé­rences ali­men­taires du chien. D’où l’im­por­tance des ali­ments natu­rels variés, faits mai­son ou crus et sans addi­tif.

Le sens du toucher chez le chien : indispensable mais moins précis

Le chien est un ani­mal de meute, tou­jours enclin à recher­cher le contact de ses congé­nères ou de son maître. Il appré­cie les caresses, les franches acco­lades et les bisous. Il cherche à dor­mir contre nous, à retrou­ver notre cha­leur. Pour autant, le tou­cher chez le chien a un rôle dif­fé­rent de celui qui est le sien chez l’être humain.

Les organes spécialisés du “toucher” chez le chien

Pour l’homme, la peau est l’or­gane prin­ci­pal qui sert au tou­cher. Elle lui per­met de res­sen­tir les tem­pé­ra­tures, les formes des objets, la pres­sion, la dou­leur, et de savoir ce qui l’en­toure à dis­tance rap­pro­chée.

Le chien, lui, pos­sède dif­fé­rents organes du tact :

Les cous­si­nets

Les cous­si­nets du chien com­prennent des glandes sudo­ri­pares, des papilles cor­nées et un derme épais et de l’hypoderme. Le chien peut ainsi sen­tir les sur­faces sur les­quelles il marche.

La peau

La peau du chien pos­sède des ther­mo­ré­cep­teurs et faire ainsi la dif­fé­rence entre le chaud et le froid. Cela lui per­met de héris­ser le poil.

Les vibrisses

Le chien arrive à se repé­rer les mou­ve­ments proches autour de lui grâce aux vibrisses, des poils épais situés près de sa bouche et au-​dessus de ses yeux.

A la base de cha­cune d’entre elles se trouvent des mécano-​récepteurs qui réagissent aux mou­ve­ments externes en contact avec ces fol­li­cules pileux. Elles sont bien plus sen­sibles que les autres poils du chien.

Cela lui per­met éga­le­ment de sen­tir la pres­sion et les vibra­tions exté­rieures, et donc de mieux savoir ce qui se trouve dans son entou­rage immé­diat. Il ne faut jamais cou­per les mous­taches d’un chien.

La sensibilité du toucher chez le chien

Le sens du tou­cher est glo­ba­le­ment assez limité chez le chien. Au sens où nous l’en­ten­dons du moins, car nous avons la main qui est notre organe du tou­cher majeur, avec en plus le pouce opposé à l’in­dex qui nous per­met de ser­rer les objets. Ce qui ne se retrouve que chez les grands singes.
Le chien est cepen­dant capable de res­sen­tir la dif­fé­rence entre une tape et une caresse mais pas de façon aussi pré­cise que l’homme. C’est d’ailleurs en par­tie grâce à cette fai­blesse de sen­si­bi­lité que le chien a une telle résis­tance à la dou­leur, qui s’ac­croît d’ailleurs avec l’âge.

A noter que le chiot est plus sen­sible au tou­cher car à la nais­sance, il est sourd et aveugle. Le tou­cher lui per­met de déve­lop­per une rela­tion avec sa mère et sa fra­trie et de trou­ver sa place au sein de la meute.

Le 6ème sens du chien : mythe ou réalité – L’instinct animal

C’est un domaine très dif­fi­cile à cer­ner : beau­coup parlent des exploits faits par les chiens, per­sonne n’a­vance d’ex­pli­ca­tions ration­nelles et scien­ti­fi­que­ment docu­men­tées. Pourtant des scien­ti­fiques tra­vaillent sur ce mys­tère depuis long­temps …

Les chiens per­çoivent quel­que­fois les catas­trophes natu­relles. Ils sentent le dan­ger. Ils savent si leur maître a des pro­blèmes. Ils trouve une solu­tion pour secou­rir leur maître. Des kilo­mètres par­cou­rus au risque et péril de leur vie, tra­ver­sant routes et auto­routes. Entre exploits, pres­cience et hasard, les opi­nions divergent. Les exemples sont pour­tant là. Et l’odorat du chien, un mil­lion de fois supé­rieur à celui de l’homme, ne semble pas pou­voir tout expli­quer.

De nom­breuses expé­riences moins spec­ta­cu­laires qui se rat­tachent un peu à ce qui pré­cède sont en cours, afin d’u­ti­li­ser le chien de manière “nor­male” dans la recherche de lésions can­cé­reuses, la pré­sence du dia­bète ou dans la pré­ven­tion des crises d’é­pi­lep­sie. Peut-​être, dans ces cas là, seule­ment une ques­tion d’o­deurs ?

Source
Site Drei Hunde Nacht de Swanie Simon – Images publiées avec son auto­ri­sa­tion
Des chiens et des humains – Dominique Guillo – Collection Mélèté – Edition Le Pommier
The thruth about dog – Budiansky Stephen – Oion Books – London
Dogs. A new unders­tan­ding of canione ori­gin, and evo­lu­tion – Coppinger Raymond and Lorna – University à Chicago Press
Communication of food loca­tion bet­ween human and dog (Canis fami­lia­ris) – Evolution of com­mu­ni­ca­tion, 1998, n°2, p. 137 – 159

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